Historique et cheminement du dossier de la formation universitaire des podiatres, au Québec, de 1974 à 1995.

L’Ordre des Podiatres, depuis sa création en 1974, n’a cessé d’aspirer à une formation universitaire. Fort de cette volonté d’ancrer ce type de formation au Québec, c’est avec acharnement qu’une succession de présidents ont fait de l’éducation un mandat à mener à bien.

Dès le début, le dossier de la formation de nouveaux podiatres au Québec s’imposait. En effet, l’Ordre constatait que l’attrition, au sein de ses membres, commandait de se pencher rapidement sur le dossier de la formation. Il fallait combler ce déficit de podiatres québécois. A telle enseigne que les premiers en lice pour s’occuper de ce mandat ont été les CEGEPS (Collège d’enseignement Général et Professionnel). Clientèle nouvelle, nouveau défi, quel qu’en soit la raison, un CEGEP se démarqua en proposant un programme de formation « clé en main ». Le CEGEP de Rosemont, à Montréal, s’est imposé dans ce dossier. Le CEGEP offrait ou développait des programmes en techniques de laboratoire médical, d'inhalothérapie, d'anesthésie, de thanatologie, d’audioprothèse et acupuncture. La podiatrie s’avérait un programme prestigieux dans la mire du Collège. Ceci rencontrait aussi les vues de l’Office des professions du Québec, qui, à l’époque, voyait d’un bon œil la venue de la formation au niveau technique et collégial. Nous sommes dans les années 70 début 80.

Paul André Mathieu, podiatre, alors président de l’Ordre des podiatres, s’est vu confronté, dirons-nous, solidement avec cette avenue proposée par le CEGEP. Il ne manquait que l’aval de l’Ordre pour autoriser le départ d’un tel programme. Dès lors, fallait-il avoir une vision d’un autre type de formation. Aujourd’hui la question ne se pose pas, évidemment nous connaissons la réponse, les devoirs sont terminés. Il faut se transposer dans le momentum des années 70, début 80 pour apprécier le fait que déjà les podiatres en place aspiraient à la formation universitaire. Sans ces convictions profondes, il est certain que la podiatrie serait de niveau collégial. Contre vents et marées, l’Ordre refusa d’appuyer le dossier, il fallait le faire.

C’est avec, Jean-Guy Lambert, podiatre, président de 1984 à 1990 que débutera la réflexion des milieux universitaires.

Le choix d’une première université s’est avéré une tâche difficile d’autant plus que rien de tel n’existait dans le domaine, ni au Québec ni au Canada. Des contacts répétés et des présentations ont fait naître un premier espoir vers 1985. En effet, l’Université de Montréal acquiesçait à la demande de l’Ordre des podiatres et commandait, une longue étude de faisabilité. Ce fut la mise en place d’un comité d’environ huit responsables émanant de toutes les spécialités médicales, plus la présence de deux podiatres délégués, Jean-Guy Lambert et Marc Tranchemontagne. Il y aura de nombreuses rencontres et explications pour parvenir à élaborer toute l’étude de faisabilité. Les faits saillants du dossier furent 1- la reconnaissance de l’université de faire du curriculum de formation québécois un modèle égal et entièrement compatible au modèle américain.: 2- le déplacement du comité aux fins de visiter le collège de médecine podiatrique de Philadelphie, PCPM. 3- La complétion de ses deux volets académiques et organisationnels. 4- Le dossier complété fut remis aux autorités de l’université.

Une interminable attente semblait se dessiner, il faut comprendre les étapes nécessaires de présentations de ces dossiers aux diverses instances gouvernementales. Y avait-il une réflexion universitaire qui rendait le dossier fragile? Sentions-nous que l’université faisait sienne l’atteinte de l’objectif de formation? Tant de questionnements qui laissaient présager que ces deux années d’efforts risquaient de ne pas aboutir. Ce qui par la suite s’est avéré être la réalité.

Force étant de reconnaître qu’il ne fallait pas en rester là, l’attente de la réflexion de l’Université de Montréal ne faisait aucunement obstacle à solliciter d’autres universités. La première étant l’université de Sherbrooke. Diverses rencontres avec le directeur des études de premier cycle, laissaient, là aussi, présager un intérêt certain de l’université envers le programme de podiatrie. De nouveau la flamme renaissait, mais que trop brièvement cette fois-ci. Il fallait, encore une fois, se rendre à l’évidence que l’université de Sherbrooke ne sera pas le portail du programme de formation des podiatres, ses objectifs de curriculum étant autre. La seconde l’Université McGill à Montréal, par l’entremise du Dr Carol Laurin,MD de l’hôpital Royal Victoria, nous permettait aussi de constater un refus, pour des raisons qu’il n’est pas utiles d’élaborer ici.

L’Université de Montréal était toujours sur une réflexion qui semblait vouloir s’éterniser. Le 5 mars 1993, sera la première fois où fut évoqué le nom de l’UQTR. Dès lors, Marc Tranchemontagne, président, s’adresse à l’Université du Québec à Trois-Rivières, particulièrement au vice-recteur à l'Enseignement et à la Recherche, M. André Thibault, le 30 mars 1993. Le président obtient du bureau un mandat d’entreprendre les rencontres avec les responsables de l’UQTR 8 juin 1993. Il s’adjoint le concours de monsieur Erol Fréchette, de Communication Erol Fréchette et ex-président du Conseil Interprofessionnel du Québec. Une rencontre initiale se concrétisait à L’Université du Québec à Trois-Rivières, le 21 juin 1993 avec madame Claire V. de la Durantaye, doyenne des études de 1er cycle et monsieur Rémi Tremblay responsable à la recherche et au développement de nouveaux programmes à l'Université du Québec de Trois-Rivières. Un agenda de rencontres fut déterminé. Plusieurs travaux ont été effectués. Mr. Tranchemontange, président s’adjoignait le concours de Glenn Hébert, podiatre, à l’époque président du comité de formation professionnel et Robert Donaldson, podiatre. Ce fut un travail d’équipe qui a permis de peaufiner un programme académique universitaire solide et largement défini. Glenn Hébert, écrira, lors d’un communiqué aux membres, en mars 1995 que le programme comptait 186 crédits.

L’expérience internationale contribuait, de même, à complémenter certains volets d’études que l’UQTR commandait (Communication Erol Fréchette). Le mandataire Communication Erol Fréchette colligera les résultats de ses recherches de même que celles des multiples documents obtenus par Marc Tranchemontagne, président, lors d’un déplacement à l’étranger, plus particulièrement au 15ième Congrès de la fédération internationale de podologie FIP, à Londres et ce, dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Sous l’égide de son président international, M. Robert A. van Lith, podologue, les deux collèges de la FIP, l’ ICTPM (l’International College of Teachers of Podiatric Medicine) et le CLPUE (Comité de Liaison des Podologues de l'union européenne) collaboreront à partager plusieurs documentations européennes.

Le 29 juin 1994, le vice-recteur à l’enseignement et à la recherche, transmettait au président de l’Ordre, Mr Marc Tranchemontagne, les résultats favorables de l’étude de pré-faisabilité. Il était maintenant possible de continuer et constituer un dossier de programme, en vue de le soumettre aux instances d’évaluation du système universitaire.

Le plus important et c’est ce que l’Ordre attendait, qu’enfin, une université fasse sienne, l’atteinte de cet objectif. Le mandat initial que l’Ordre s’était fixé, était accompli.

L’accueil, sous son égide, d’un programme de Doctorat de Premier Cycle de Médecine Podiatrique, prenait sa place dans l’ensemble des objectifs de l’UQTR . Ce sera pour tout ceux et celles qui ont collaboré à la mise en chantier du grand dossier de la formation universitaire l’accomplissement d’une première étape fondamentale.

Un legs non négligeable qui saura être particulièrement utile aux prochains administrateurs de l’Ordre. Ce fut dans ce dossier, une continuité souhaitable et profitable aux podiatres.

Gérard Allart succédait, par intérim, à la présidence de Marc Tranchemontagne, nous sommes le 15 avril 1995.

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Par
Marc Tranchemontagne, podiatre
Ex-président, Ordre des Podiatres du Québec

Collaboration spéciale
Jean Guy Lambert, podiatre, ex-président
Paul-André Mathieu, podiatre, ex-président